Je dors dans un dortoir à la Spicy Guest House. Les dortoirs sont de vastes pièces composées de 5 lits superposés. De nombreuses notices informatives sont affichées au mur qui proposent des treks ou autres virées touristiques ainsi que des choses générales sur la vie à la Guest. On est ainsi invité à marcher plus sur l'avant des pieds sur le plancher en bois - comme le font les laotiens - pour ne pas gêner les gens d'en bas. Après avoir lu ça, j'ai toujours remarqué quand qn marchait à grands coups de talons qui résonnent et font trembler le plancher. 

Dans les rues bordées de maisons coloniales, des petits groupes de jeunes moines novices se baladent, un sac en bandoulière à une épaule et un parapluie à une main. La ville est bordée à l'ouest par le Mékong et au nord par le Nam Khan.  De l'autre côté des deux rivières, la nature reprend ses droits. Le soir, le marché de nuit s'installe sous des tentes rouges éclairées de lumières dorées. Sont presentés à la vente vêtements, sacs, bijoux, marionnettes et peintures sur toile apportés par les minorités ethniques venant des montagnes.

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Le soir quand on rentre à la guest, des jeunes paradent en scooter à l'entrée de la vieille ville au niveau du grand rond point. Les jeunes font des pointes de vitesse ou roulent sur la roue avant de leur moto. Ces ados "voyous" contrastent fortement avec les ados en robe safran qui suivent une formation bouddhiste. Oui voyou, car en deux jours j'entendrai parler de 3 vols. Et pour deux d'entre eux c'était des vols a l'arraché en scooter. Hmmm... méfiance !

Chez Spicy, tous les soirs, c apéro en terrasse assis autour de la longue table basse sur des coussins. Les gens qui sont arrivés avec moi sur le bateau sont déjà tous partis - ouf- pour Vangvieng faire du "tubbing". Un nouvel arrivage les a remplacé et je reconnais bcp de monde de Paï. Il y a des français, des allemandes, une suisse, un chilien, un australien, une canadienne. Les gens sont bcp plus intéressants que la horde d'anglophones qui étaient la précédemment (ok, je commence un léger racisme là !). On fait de bons petits apéros avec du pastis, du whisky laotien (lao lao) et du shweppes. 

Deux bonhommes se distinguent des autres. Plus vieux ils ont aussi un vécu moins lisse que la majorité d'entre nous. Je ne sais pas grand chose de l'australien hormis qu'il a quitté son pays après avoir été contrôlé 3 fois au volant en etat d'ivresse. A la 4e fois c'est 6 mois de prison, alors il est parti se faire oublier. Au Laos, où il aimerait trouver du travail, s'établir un peu, il s'est acheté une moto et boit tous les soirs, beaucoup.

Le français, lui, je l'ai vu plus d'une fois et je ne sais si c le laolao mais il se confie énormément sur sa vie. Et sa vie, est une suite entremêlée de problèmes plus déprimants les uns que les autres. Au début ct intéressant lorsqu'il nous parlait de son expérience de militaire dans la guerre au Kosovo où il faisait partie d'une équipe de déminage. Mais ensuite on pouvait plus l'arrêter de nous étaler sa vie. Que peux-tu dire à un gars que la guerre a rendu maniaco-dépressif, qui a été 4 fois interné, qui n'a jamais vu son fils de 10 ans, qui a perdu son père avec qui il était en froid, dont la propre sœur l'a poursuivi en justice lui et sa mère pour une question d'héritage... Que peux-tu dire a part "oh mon dieu c'est horrible" et penser tout bas "pourquoi diable me raconte-tu tout ça, à moi une parfaite étrangère ??"

Je quitte Luang Prabang un bon matin. Il est 7h du mat, l'australien est encore debout à boire des coups et le staff de la guest est déjà au boulot.

La route de LB à Vangvieng est montagneuse et ça tourne beaucoup. Dans le minibus, je suis la seule falang (étrangère). On nous distribue des sachets en plastiques roses. La deuxième femme à ma droite s'en sert deux ou trois fois et je me concentre sur les paysages et respire par la bouche pour ne pas sentir... le vomi. Ça marche, je survis cette portion de route réputée pour être assez horrible. 

Je ne m'arrête pas a Vangvieng car j'ai entendu trop de mauvaises choses sur cette ville et pourtant le coin est vraiment beau. Mais à ce moment je n'ai pas envie de me retrouver au milieu de touristes bourrés de 20 ans, de plus je suis seule et suis pressée de retrouver Conni à Vientiane. Je vois de la fenêtre de beaux paysages de pains de sucre, la route de montagne est terminée et maintenant on file tout droit. 

Luang Prabang, diverses

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Trouver l'intrus

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Des animaux étranges...

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