Les dames avaient des chaussures pour toutes occasions : pour les fiançailles, le mariage, la nuit de noce, les nuits en général, les enterrements.  Ça devient encore plus intéressant quand ils expliquent que les mères cousaient des dessins expliquant ce qui devait se passer lors de la nuit de noces.... Effectivement une petite paire de chaussures en témoigne avec un dessin très clair !

Mais je suis encore très confuse par la taille de ces chaussures. Des peintures au mur illustrent des scènes de séduction amoureuse où les pieds de ces dames dépassent de leur robe. Certains hommes prennent les pieds chaussés délicatement dans leurs mains. Les pieds sont minuscules et pointus. Je me dis que c'est pas possible. Bien sur pendant tout ce temps j'ai un vague souvenir que les chinoises se bandaient les orteils pour avoir de plus petits pieds, mais c'était pas les japonaises ? Et comment est-ce possible, des pieds aussi petits ???

Au fond de la salle, 5 panneaux. Sur le cinquième, on peut lire que Mao Zedong a définitivement condamné le bandage de pieds des femmes. La dynastie Qing l'avait déjà interdit mais cela continuait encore à être perpétré. Sur le premier panneau je lis l'origine d'une telle bizarrerie. Des hommes de la cour ont tripé la-dessus avec des prostituées. Ça s'est répandu car c'était soi-disant hyper exitant. Toutes les femmes se sont mises à le faire. C'était devenu l'atout de séduction ultime. La femme avait désormais 3 zones sexuelles.  Dans la dernière salle - première de l'expo- on peut voir une photo  prise en 2003 de la dernière femme aux pieds bandés de Wuzhen. Une petite vieille aux pieds minuscules marche toute recourbée sur sa canne. Une autre photo montre une image d'horreur : un pied complètement difforme, triangulaire avec les orteils sur la longueur du pied. On voit sur une autre photo la cassure au niveau du talon pour faire un pied entrant parfaitement dans une chaussure compensée miniature. 

Un groupe de touristes chinois entre à ce moment et braille comme c pas permis. Je m'éclipse.